Autodidacte du vin, Stéphane Derenoncourt le ch’ti a reçu l’estime de ses pairs bordelais grâce à la qualité des vins qu’il a d’abord élaboré chez les autres. Débarquant en 1995 à Bordeaux, il vinifie chez Stephan Von Neipperg au Château La Gaffelière, puis il place, par son travail, La Mondotte parmi les vins rouges les plus convoités. 4 ans plus tard, il fonde sa société de consultation; le carnet de rendez-vous sera rapidement saturé.
Sa marotte oenologique ? La minéralité, la fraîcheur.
« J’adore le calcaire, c’est lui qui donne la personnalité au vin, il donne une grande variété aromatique et des tanins crayeux et fins. On s’est installé en Castillon, une jeune appellation née en 1989 (3500 hectares) qui est assise sur des sols limoneux ou des sols calcaires. Ce sont ces derniers qui donnent les vins les plus intéressants. On travaille de 20 à 25 hl/ha en production. J’essaie d’intervenir le moins possible. On a travaillé sur le cabernet franc, un cépage mal aimé, peu coloré, inquiétant pour les vinificateurs. Lorsqu’il est réussi, ce cépage fait des vins magnifiques en assemblage avec le merlot. C’est lui qui apporte la droiture au vin. Chez nous, on veut grimper à 40 % de cabernet franc, on est actuellement à 25 %. »
Au moment de la vendange, au moment du pigeage, les grains sont déposés entiers dans des cuves tronconiques en bois. Aucun soutirage, aucun collage pour l’élevage en barriques et sur lies.
« On travaille comme les Bourguignons. » C’est presque normal pour un Dunkerquois qui a immigré à Bordeaux !

Dégustation des vins du Domaine de L’A
2009 – 60,75 $ – code SAQ 11654510
Nez délicat, voire fermé, floral et fruits rouges.
Minéral dès l’attaque en bouche, les tanins sont serrés, fins, encore fermes.
2008
Plus fluide, les tanins sont très fins, peu astringents, l’ensemble est soyeux, sphérique, marqué par un fruité rouge.
2007
Nez plus animal, texture plus capiteuse où le boisé se fait plus marqué. Cacao après quelques minutes dans le verre. Tanins veloutés.
2006
Légèrement bouchonné au nez au moment de la dégustation, acidulé en bouche, le vin est laissé de côté.
2005
Frais, minéral, toutefois très fruité et aiguisé en bouche, encore jeune dans le comportement ferme de l’attaque.
2004
Encore floral, d’une grande élégance en bouche, très sphérique, très fruité, finalement frais, presque minéral.
2003
Le seul vin de la série qui présente des notes d’évolution (fruits rouges cuits) et pourtant l’attaque en bouche se montre fraîche, croquante, les tanins sont soyeux, le volume est léger et sphérique.

